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Questions à poser à une agence marketing avant de signer quoi que ce soit

Questions à poser à une agence marketing avant de signer : qui fait le travail, comment se passe le reporting, à qui sont les comptes et que faire si ça stagne.

ML’équipe Marketers.fr 16 min de lecture
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En bref

Demandez qui travaille sur vos comptes chaque semaine, comment se déroule le reporting, si les comptes publicitaires restent à votre nom, comment les honoraires se distinguent du budget média et ce qui se passe lors d’un trimestre sans progrès. Des réponses précises sont bon signe.

La plupart des présentations d’agences se ressemblent : un appel stratégique, un support avec votre logo en couverture, des honoraires mensuels et une phrase sur le premier trimestre présenté comme une période « d’apprentissage ». Les différences apparaissent plus tard. C’est à ce moment-là que vous découvrez qui travaille réellement sur le compte, ce que vous pouvez emporter si vous partez et comment l’agence se comporte lors d’un mois creux. Les bonnes questions à poser à une agence marketing ne coûtent rien, prennent environ une heure et font apparaître ces différences avant que vous vous engagiez.

Cette liste est organisée autour des thèmes qui décident de la réussite de la collaboration. Elle commence par les personnes, le processus et la propriété de vos comptes et de vos données, puis passe au reporting et aux honoraires. Elle se termine par ce qui se passe quand les résultats stagnent, les conditions de sortie et ce dont l’agence a besoin de votre part. Pour chaque question, vous saurez à quoi ressemble une bonne réponse et à quoi ressemble un signal d’alerte.

Apportez la liste au deuxième rendez-vous, après la présentation commerciale, quand vous parlez aux personnes qui feraient réellement le travail. L’équipe commerciale est formée pour le premier appel ; c’est l’équipe de production qui détient la vérité.

Qui fait réellement le travail sur votre compte

La personne qui vend la mission et celle qui la mène sont rarement les mêmes. Posez la question tôt, par fonction et par nom.

  • Qui interviendra chaque semaine dans mes comptes publicitaires et sur mon site, et quelle est son expérience dans mon secteur ? Une bonne réponse cite des fonctions et des années : un spécialiste de la recherche payante qui a plusieurs années dans les services à domicile, un responsable contenus qui a écrit pour des cabinets d’avocats, un coordinateur qui fait un point chaque semaine. Un signal d’alerte : « notre équipe » sans aucun nom, ou un fondateur senior au rendez-vous commercial et un généraliste junior au rendez-vous de production.
  • Combien de comptes ce spécialiste gère-t-il en même temps ? Une bonne réponse donne un nombre et l’explique. Un signal d’alerte : un refus de répondre, ou un nombre si élevé que votre compte n’aura que quelques heures par mois.
  • Avez-vous travaillé pour une entreprise comme la mienne, et qu’en avez-vous appris qui changerait votre plan pour moi ? L’expérience sectorielle compte moins comme badge que comme source de détails pratiques : saisonnalité, problèmes de qualité des leads, règles publicitaires propres aux dentistes ou aux avocats. Une bonne réponse inclut une erreur commise une fois et évitée depuis ; un signal d’alerte, c’est une liste de noms de clients et rien sur le travail lui-même.
  • Que se passe-t-il si mon spécialiste quitte l’agence ? Une bonne réponse décrit la documentation, une deuxième personne qui connaît déjà le compte et une période de passation avec chevauchement. Un signal d’alerte : « cela n’arrive jamais ».

Si l’agence sous-traite une partie du travail, ce n’est pas un problème en soi. Vous le cacher en est un. Demandez directement si une partie de votre périmètre part chez des freelances extérieurs et qui relit leur production.

Comment se dérouleront le processus et la communication

  • À quoi ressemblent les 30 premiers jours, étape par étape ? Une bonne réponse comporte des dates et des livrables : demandes d’accès dans les premiers jours, audit du suivi, plan écrit avec des priorités, réunion de lancement où les objectifs sont fixés, premières modifications en ligne à une date donnée. Un signal d’alerte : « nous commençons par découvrir votre activité », sans rien dans le calendrier.
  • Qui est mon interlocuteur unique, et en combien de temps répond-il ? Une bonne réponse : une personne nommée, un délai de réponse annoncé (par exemple un jour ouvré) et un point fixe chaque semaine ou toutes les deux semaines. Un signal d’alerte : une boîte e-mail partagée, ou un visage différent à chaque appel.
  • Comment décidez-vous de ce qui est mis en ligne, et qui le valide ? Une bonne réponse trace une limite claire : les nouvelles campagnes, les changements de budget et tout ce que voient vos clients passent par votre validation ; les ajustements d’enchères, les mots-clés négatifs et les corrections courantes, non. Un signal d’alerte : tout doit être validé par vous, ce qui fait de vous le goulet d’étranglement, ou rien ne l’est, ce qui fait de vous le dernier informé.
  • Comment gérez-vous les problèmes urgents, comme une annonce refusée ou une panne du suivi ? Une bonne réponse inclut une surveillance, une procédure d’escalade et une personne joignable aux heures de bureau. Un signal d’alerte : « écrivez-nous simplement ».

Demandez à voir les outils qui portent le processus : le tableau de suivi des tâches, le formulaire de demande, l’historique des modifications dans le compte publicitaire. Une agence qui applique un vrai processus peut vous le montrer en cinq minutes, puisqu’il existe déjà.

À qui appartiennent les comptes publicitaires, les domaines et les outils d’analyse

C’est la question que les dirigeants sautent et regrettent ensuite. Votre compte Google Ads, le Business Manager de Meta, la propriété GA4, la Search Console, le registraire du nom de domaine, l’outil d’emailing et le CRM doivent se trouver dans des comptes qui appartiennent à votre entreprise. L’agence y est ajoutée comme utilisatrice, avec les accès dont elle a besoin et rien de plus.

  • Créerez-vous les comptes publicitaires au nom de mon entreprise, avec mon moyen de paiement, en vous ajoutant comme gestionnaires ? Une bonne réponse : oui, toujours, avec la liste des accès qu’elle envoie dès le premier jour. Un signal d’alerte : « nous gérons tout depuis notre compte d’agence, c’est plus simple », ce qui veut dire que votre historique, les données de votre pixel et vos audiences partiront avec l’agence.
  • À qui appartiennent les créations, les textes, les pages d’atterrissage et les contenus que vous produisez ? Une bonne réponse : à vous, une fois payés, fichiers sources et versions modifiables compris. Un signal d’alerte : des droits d’utilisation qui expirent avec le contrat.
  • Où se trouvent les données de performance, et puis-je les exporter ? Une bonne réponse renvoie à votre propriété GA4 et à votre CRM, exportables à tout moment. Un signal d’alerte : un tableau de bord maison comme seule vue sur les résultats.
  • De quels accès avez-vous besoin, et comment les conservez-vous ? Une bonne réponse : des accès par rôle via les outils officiels de gestion, sans mot de passe partagé. Un signal d’alerte : une demande de votre identifiant et de votre mot de passe par e-mail.

Faites inscrire les réponses sur la propriété dans le contrat lui-même. Un oui oral lors d’un rendez-vous commercial n’est pas une clause sur laquelle vous pourrez compter douze mois plus tard.

Comment le reporting et les indicateurs sont définis

  • Quels indicateurs suivrez-vous, et sur lequel serez-vous jugés ? Une bonne réponse : un indicateur principal par canal, lié aux leads ou au chiffre d’affaires (coût par lead qualifié, retour sur dépenses publicitaires, rendez-vous pris), avec des indicateurs secondaires présentés comme outils de diagnostic. Un signal d’alerte : les impressions, la portée et « l’engagement » en tête du rapport. Pour une vue canal par canal de ce qui compte, les KPI marketing par canal le détaillent.
  • Comment fixerez-vous les premiers objectifs en l’absence d’historique ? Une bonne réponse les construit à partir de votre économie unitaire (ce que vaut un client, la part des leads qui signent) et traite les 90 premiers jours comme une base à réviser. Un signal d’alerte : des moyennes sectorielles présentées comme si elles étaient vos objectifs.
  • Que contient le rapport mensuel, et puis-je en voir un vrai, avec les données d’un autre client masquées ? Une bonne réponse : une synthèse d’une page, les résultats face aux objectifs, les dépenses par canal, ce qui a changé et pourquoi, et le plan du mois suivant ; la structure est décrite dans ce que doit contenir un rapport marketing mensuel. Un signal d’alerte : une capture de tableau de bord sans commentaire.
  • Le suivi des conversions est-il vérifié avant les premières dépenses, et par qui ? Une bonne réponse fait de l’audit du suivi le premier livrable et nomme la personne responsable. Un signal d’alerte : « nous optimisons au fil de l’eau ».

Posez encore une question : que ne mettrez-vous pas dans le rapport, et pourquoi ? Une agence qui a décidé quels chiffres relèvent du bruit a réfléchi à votre activité.

Comment les honoraires se distinguent du budget média

Vous n’avez pas besoin de montants pour juger ce point ; il vous faut une structure. Les honoraires de l’agence paient des personnes et un processus. Le budget média paie les régies. Les deux ne doivent jamais se confondre sur une même ligne.

  • Le budget média est-il débité sur ma carte, dans mes propres comptes, séparément de vos honoraires ? Une bonne réponse : oui, avec des dépenses visibles à tout moment dans la régie. Un signal d’alerte : le média fondu dans un montant unique, qui masque à la fois la répartition et toute marge prise au passage.
  • Vos honoraires sont-ils forfaitaires ou en pourcentage des dépenses, et pourquoi avoir choisi ce modèle ? Une bonne réponse explique l’incitation dans les deux cas : un pourcentage récompense la hausse du budget, un forfait récompense l’efficacité, et un pourcentage doit s’accompagner d’un plafond ou d’un plancher. Un signal d’alerte : un pourcentage sans plafond à côté d’un plan qui recommande sans cesse plus de budget.
  • Qu’est-ce qui est compris dans les honoraires, et qu’est-ce qui déclenche un supplément ? Une bonne réponse : une liste écrite, avec les séries de créations, les pages d’atterrissage, les appels, le reporting, les outils. Un signal d’alerte : « nous vous préviendrons si quelque chose sort du périmètre ».
  • Quels outils dois-je payer directement, et lesquels sont les vôtres ? Une bonne réponse : une courte liste, avec une raison pour chaque abonnement. Un signal d’alerte : des outils sous licence de l’agence qui cessent de fonctionner le jour où vous partez.
  • Quand et comment les honoraires peuvent-ils évoluer ? Une bonne réponse relie toute évolution à un changement de périmètre que vous validez par écrit. Un signal d’alerte : une hausse automatique liée au seul budget publicitaire.

Ce qui se passe quand les résultats stagnent

Chaque compte connaît un trimestre sans progrès. La question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais ce que fera l’agence et quand vous en serez informé.

  • Parlez-moi d’un compte qui a déçu. Qu’avez-vous fait, et qu’avez-vous dit au client ? Une bonne réponse est une histoire précise. Elle nomme un diagnostic (suivi cassé, offre faible, page d’atterrissage lente, budget trop mince pour les enchères), la modification apportée et un résultat honnête, et le client en a été informé tôt. Un signal d’alerte : aucune histoire, ou une faute rejetée entièrement sur le produit ou l’équipe commerciale du client.
  • En combien de temps seriez-vous averti si un indicateur partait dans le mauvais sens ? Une bonne réponse : avant le rapport mensuel, avec une hypothèse et une prochaine étape. Un signal d’alerte : « nous faisons le point sur les performances une fois par mois ».
  • Dans quel ordre menez-vous le diagnostic quand un canal payant décroche ? Une bonne réponse est une séquence : le suivi d’abord, puis les termes de recherche et les types de correspondance, puis la page d’atterrissage, puis l’offre, puis le budget et les enchères. Une version simplifiée de cet ordre figure dans pourquoi Google Ads ne marche pas. Un signal d’alerte : « nous testons davantage de créations », ce qui est une tactique, pas un diagnostic.
  • Quand me conseilleriez-vous de mettre en pause ou d’arrêter un canal ? Une bonne réponse cite un seuil et un délai à partir desquels elle agirait. Un signal d’alerte : jamais, parce qu’arrêter un canal réduit ses honoraires.

Vous cherchez à entendre deux choses : si l’agence a une méthode, et si elle annonce tôt les mauvaises nouvelles à ses clients. Les deux comptent davantage que n’importe quel résultat isolé qu’elle mentionne.

Les conditions de sortie et ce dont l’agence a besoin de vous

  • Quelle est la durée du contrat, et quel est le préavis ? Une bonne réponse : une première période définie et justifiée (le SEO demande des mois pour produire ses effets, les canaux payants quelques semaines), puis une reconduction mensuelle avec un préavis d’un mois. Un signal d’alerte : une longue durée initiale avec reconduction tacite et une pénalité en cas de départ anticipé.
  • Que vais-je récupérer quand nous nous séparerons ? Une bonne réponse : un document de passation, les droits d’administration complets sur chaque compte, les fichiers sources et un rapport final avec les points en suspens. Un signal d’alerte : le silence, ou une passation facturée en plus.
  • De quoi avez-vous besoin de ma part pour bien travailler ? Une bonne réponse demande un décideur disponible chaque semaine, des accès dès les premiers jours, des retours de l’équipe commerciale sur la qualité des leads, ainsi qu’une offre et un site qui fonctionnent. Un signal d’alerte : « rien, nous nous occupons de tout », car aucune agence ne peut améliorer la qualité des leads sans savoir ce qu’en pensent les commerciaux.
  • Qu’est-ce qui vous ferait refuser de travailler avec mon entreprise ? Une bonne réponse est une liste honnête : pas de budget média, un site impossible à modifier, aucun suivi, une équipe commerciale qui ne rappelle pas les leads. Un signal d’alerte : rien ne la ferait refuser.

Si vous hésitez encore entre une agence et un recrutement direct, la même discipline s’applique aux entretiens ; le guide comment recruter un marketeur traite du périmètre, de la sélection et d’une mission d’essai rémunérée. La comparaison des modèles figure dans agence marketing ou service interne.

Les mêmes questions pour un service marketing externalisé

Soumettez un service marketing externalisé à la même liste, et attendez de lui qu’il accueille chaque question volontiers. Voici, pour mémoire, comment répond Marketers.fr.

  • Qui fait le travail : un chef de projet senior qui a plus de 15 ans d’expérience est votre interlocuteur unique et constitue l’équipe, un marketeur vérifié ou plusieurs, selon votre secteur et votre périmètre. Vous n’avez pas à sélectionner des profils ; le chef de projet assure la mise en relation et en reste responsable.
  • Le processus : tout commence par une analyse marketing gratuite remise en PDF sous 24 heures. Ensuite, le chef de projet fixe le périmètre et valide ce qui est mis en ligne.
  • La propriété : les comptes publicitaires, les outils d’analyse, les noms de domaine et les contenus restent à votre nom.
  • Le reporting : le chef de projet envoie un rapport mensuel construit autour des indicateurs fixés au départ.
  • Les honoraires : la facturation est mensuelle et distincte du budget média.

Le processus complet est décrit dans comment ça marche, et le modèle sur la page marketing en abonnement. Quelle que soit la voie choisie, gardez la liste. Les questions à poser à une agence marketing ne servent que si vous notez les réponses et que vous les opposez au prestataire lors du bilan des 90 jours.

FAQ

Combien d’agences faut-il rencontrer avant de décider ?

Deux ou trois suffisent en général, si vous posez les mêmes questions à chacune et prenez des notes sous la même forme. Au-delà, les réponses ont tendance à se brouiller. L’essentiel est qu’au moins un échange ait lieu avec les personnes qui feraient le travail, et pas seulement avec celle qui le vend.

Faut-il demander des références à une agence marketing ?

Oui, et demandez un client d’un secteur et d’une taille comparables, idéalement présent chez l’agence depuis plus d’un an. Au téléphone, interrogez-le sur les délais de réponse, la manière dont les mauvaises nouvelles étaient annoncées et le déroulement de la passation s’il est parti. Ces trois réponses vous en apprennent plus qu’une recommandation générale.

Que faire si l’agence refuse d’écrire noir sur blanc que les comptes vous appartiennent ?

Considérez-le comme rédhibitoire. L’historique du compte publicitaire, les données du pixel et les audiences sont des actifs que votre entreprise construit avec son propre argent. Une agence qui tient à les garder dans ses propres comptes conserve un moyen de pression pour le jour où vous voudrez partir, qu’elle compte s’en servir ou non.

Des honoraires en pourcentage des dépenses publicitaires sont-ils un mauvais signe ?

Pas en soi. Le pourcentage est courant et peut être équitable s’il s’accompagne d’un plafond, d’un plancher et d’un périmètre clair. Le signal d’alerte, c’est la combinaison : un pourcentage sans plafond, un plan qui recommande sans cesse plus de budget et un reporting qui met en avant les dépenses plutôt que les résultats. Demandez comment le modèle vous protège quand les dépenses montent et que les résultats ne suivent pas.

Les mêmes questions valent-elles pour un freelance ou un directeur marketing à temps partagé ?

La plupart, oui. La propriété, le reporting, la distinction entre honoraires et budget média et les conditions de sortie concernent tout prestataire extérieur. Avec un freelance, les questions sur les personnes se réduisent à une seule et celle de la continuité prend de l’ampleur : que se passe-t-il pendant ses congés ou quand son planning est plein ? Avec un directeur marketing à temps partagé, demandez qui exécute sous sa direction et comment cette équipe est encadrée.

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